Rapport Annuel 2008 - Swiss Life

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PerspectivesRapport annuel 2008PerspectivesGroupe Swiss Life Rapport annuel 2008

Le groupe Swiss Life a encore progressé dans la miseen œuvre de sa stratégie en 2008.Concentration sur la prévoyance financière Lors de l’exercice2008, Swiss Life a nettement renforcé la distribution et amélioré sa position concurrentielle sur tous les marchés grâce à desproduits novateurs.Concentration sur les perspectives de croissance La reprisedu groupe AWD est déterminante pour le succès futur deSwiss Life. De nouvelles bases destinées à soutenir la croissanceont été créées avec l’«usine de produits» Variable Annuities etl’élargissement de la portée des affaires avec les clients privésfortunés.Concentration sur l’excellence de la gestion fonctionnelle Swiss Life souhaite lancer plus rapidement des produits novateurs et rentables sur le marché. La nouvelle unité Group Product Management et une gestion stricte des coûts doiventpermettre d’atteindre cet objectif. La gestion active des capitauxet des risques a fait ses preuves.Stimuler l’engagement En 2008, l’engagement des collaborateurs est resté élevé. Swiss Life encourage la culture de la performance et renforce l’orientation vers les clients ainsi que la capacité d’innovation.

Stratégie et marchésSwiss Life est bien positionnée pour profiterdes besoins croissants à long terme de prévoyance financière.Pages 22–27Résultats et marche des affairesLe bénéfice net s’inscrit en 2008 à 345 millions de francs. Le résultat a été mis à mal parl’évolution négative des marchés financiers.Pages 28–41Autres facteurs de réussiteLes relations avec les collaborateurs, une gestion systémique des risques, une gestiond’entreprise responsable et une marque attrayante sont des facteurs de succès importants.Pages 42–51Gouvernance d’entrepriseGrâce à ses principes de gouvernance d’entreprise, Swiss Life assure une gestion responsable, adaptée aux risques et transparente.Pages 52–73Extrait du rapport financierLes chiffres révisés garantissent transparenceet comparabilité.Pages 82–87Swiss Life en bref Le groupe Swiss Life est l’un des leaders européens dans les secteurs de la prévoyance et de l’assurance vie. EnSuisse, en France et en Allemagne, il offre aux particuliers et auxentreprises un conseil global ainsi qu’une large palette de produits, par l’intermédiaire de son propre réseau d’agents, decourtiers et de banques. Swiss Life apporte en outre son soutienaux sociétés opérant à l’international en leur proposant dessolutions de prévoyance en faveur du personnel émanant d’ununique partenaire. Swiss Life fait partie des prestataires mondiaux de premier plan pour ce qui est des produits de prévoyance structurés destinés aux particuliers fortunés à une échelleinternationale.Depuis 2008, le groupe AWD fait partie du groupe Swiss Life.Cette société est un prestataire de services financiers de premierplan en Europe. Son siège social est à Hanovre et il propose unconseil financier indépendant aux clients à revenus moyens ouélevés. Plus de 6 000 conseillers et intermédiaires actifs travaillent pour le groupe AWD dans dix pays européens.Swiss Life Holding SA, domiciliée à Zurich, trouve son originedans la Caisse de Rentes Suisse (Schweizerische Rentenanstalt),fondée en 1857. L’action de Swiss Life Holding SA (SLHN) estcotée à la bourse suisse SIX Swiss Exchange. Le groupe Swiss Lifeemploie environ 9 000 collaborateurs.

Activités d’assurance SuisseEn 2008, Swiss Life est restée le numéro unde la prévoyance financière en Suisse.Pages 34–35Activités d’assurance FranceEn France, Swiss Life a régulièrement amélioré sa position sur le marché.Page 36Activités d’assurance AllemagneEn Allemagne, Swiss Life est un partenaireprivilégié des courtiers d’assurance grâce àsa compétence et à la qualité de ses services.Page 37Activités d’assurance AutresLes clients privés fortunés et les multinationales sont suivis à partir du Liechtensteinet du Luxembourg.Page 38Swiss Life/AWDSwiss LifeAWDInvestment ManagementDans l’Investment Management, Swiss Life amaintenu son résultat au niveau de 2007,malgré un contexte de marché difficile.Page 39AWDAWD a renforcé sa position de marché enAllemagne et en Suisse.Pages 40–41

Quelque 9 000 collaborateurs travaillent pourSwiss Life dans le monde entier. Malgré les différences de cultures, de lieux et de fonctions, ils onttoujours des perspectives communes. Leur objectifpermanent est de pouvoir proposer aux clients dessolutions de prévoyance intéressantes qui allientsécurité et clairvoyance.La vocation de Swiss Life est d’aider les gens à assurer leur avenir sur le plan financier. La mission quenous accomplissons à l’extérieur et les compétences clés de l’entreprise sont aussi vécues à l’intérieur. En agissant avec clairvoyance, nous nedevons pas nous redéfinir en permanence. Cheznous et avec nous, toutes les personnes impliquéespeuvent profiter de perspectives à long terme.

Message des dirigeants du groupe2Madame, Monsieur,L’économie mondiale a subi en 2008 des changements drastiques. Votre entreprise, le groupeSwiss Life, n’a pas été épargnée par l’incroyable violence de la crise. Le résultat financier quenous avons enregistré en 2008 ne répond absolument pas à nos prévisions ni à nos objectifs,pas plus que l’évolution du cours de notre action. Mais nous avons pris en temps voulu lesmesures qui s’imposaient pour protéger notre base de capitaux propres, laquelle reste solide.De nouveaux progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre de notre stratégie. Swiss Lifepeut donc relever les défis actuels avec confiance.Bruno GehrigNous avons pris en temps voulules mesures qui s’imposaient pourprotéger notre base de capitauxpropres, laquelle reste solide.Nous n’avons cependant pu atteindre les objectifs financiers que nous nous étions fixés pour2008 en raison de l’évolution défavorable des marchés financiers. La crise sévissant sur lemarché immobilier aux Etats-Unis – qui n’a pas directement touché Swiss Life – a affectépresque toutes les catégories de placement. Le résultat financier de l’exercice est en baisse enraison des corrections de valeur devenues nécessaires sur les placements et de la réalisationde certaines moins-values afin de réduire les risques. Il est passé de 4,9 milliards à 0,5 milliard de francs. Les plus-values résultant de la vente des activités belges et néerlandaises ainsique de Banca del Gottardo – soit 1,5 milliard de francs – ont permis au groupe Swiss Lifed’afficher néanmoins un bénéfice pour 2008. Le bénéfice net s’inscrit à 345 millions defrancs. Sur la base de ce résultat et compte tenu du contexte de marché actuel, le conseil d’administration propose à l’assemblée générale des actionnaires une distribution de bénéficesde 5 francs par action, contre 17 francs l’année dernière. Comme les années précédentes, ladistribution de bénéfices aux actionnaires doit être effectuée sous la forme d’une réductionde valeur nominale.La reprise en 2008 du groupe AWD, le plus grand prestataire de conseils financiers indépendant d’Europe, a représenté une étape importante de notre stratégie. Ce renforcement marqué de la distribution est déterminant pour le succès futur de Swiss Life. Les prestataires deconseils financiers indépendants joueront un rôle de plus en plus important. Grâce à AWD,Swiss Life peut aussi diversifier ses revenus et obtenir des informations complémentaires surle marché. De plus, elle a accès aux marchés porteurs de croissance que sont l’Europe centrale et l’Europe orientale, où Swiss Life n’est pas encore présente. La collaboration deSwiss Life avec AWD a bien débuté en Allemagne et en Suisse. Malgré les circonstances, AWDa enregistré en 2008 un bon résultat dans ces deux pays. Le développement en Europe centrale et en Europe orientale est toujours satisfaisant. Le recentrage des activités est en coursen Grande-Bretagne, et les problèmes survenus en Autriche sont traités en priorité. Le reculdu chiffre d’affaires et du bénéfice du groupe AWD par rapport à l’année précédente trouveson explication dans le besoin de liquidités des clients en raison de la crise, mais aussi dansles changements auxquels il a été procédé en Grande-Bretagne et en Autriche. D’ici 2012, legroupe AWD entend augmenter le chiffre d’affaires d’environ 630 millions d’euros actuellement pour le faire passer à 1 milliard d’euros, et atteindre un résultat opérationnel avantimpôts et intérêts de 130 millions d’euros.Toujours dans la perspective de l’importance croissante que prend le conseil financier indépendant dans la prévoyance vieillesse, nous avons également acquis l’an dernier une participation dans MLP, une société allemande de distribution de services financiers. Bien que lesavantages économiques d’une étroite collaboration entre Swiss Life, AWD et MLP soient

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3Rapport annuel 2008Message des dirigeants du groupeévidents, précisément en ces temps de crise et de consolidation des sociétés de distributionen Allemagne, nous n’avons pas atteint nos objectifs. Grâce à la conclusion d’un partenariatstratégique avec Talanx, que nous avons annoncée en mars 2009, nous avons trouvé unebonne solution à cette situation. Talanx et Swiss Life travailleront ensemble pour ce qui estde la distribution par AWD, des activités internationales liées aux solutions d’assurance vie,de la réassurance vie, de sous-secteurs touchant à l’administration pour certains produitsainsi que de l’utilisation mutuelle de fonds ouverts au public. Pour donner plus de poids àce partenariat, Talanx acquerra une participation pouvant aller jusqu’à 9,9% dans Swiss Life.Talanx rachète en outre à Swiss Life une participation de 8,4% dans MLP. Swiss Life souhaiteréduire les 15,9% qu’elle détient dans MLP pour faire passer sa participation sous la barredes 10%. Indépendamment l’une de l’autre, les sociétés Swiss Life et Talanx souhaitent collaborer en bonne intelligence avec MLP, dans le cadre de la nouvelle configuration, tout enrespectant le modèle commercial actuel de MLP, à savoir celui de conseiller indépendant enmatière de gestion de fortune et en finances.Sur tous les marchés, Swiss Life est synonyme de compétence en matière de prévoyance, desécurité et de fiabilité. Ce profil a fait ses preuves par temps de crise. Swiss Life s’est imposée comme leader du marché en Suisse. Nouveaux produits, augmentations de l’efficience etorientation accrue de l’organisation vers les clients, ce sont les facteurs qui améliorerontencore notre position vis-à-vis de la concurrence sur le marché d’origine. En France,Swiss Life s’est beaucoup mieux développée que le marché ces dernières années, grâce à sonréseau de distribution largement diversifié, à une gamme de produits intéressante et à uneexcellente position dans l’assurance maladie. En Allemagne, Swiss Life fait partie des prestataires préférés des courtiers depuis des années. Elle a nettement renforcé sa compétitivitéfuture grâce à la collaboration avec AWD et l’introduction du premier produit de la familleprometteuse des Variable Annuities.Notre concept de gestion des actifs et des passifs (Asset and Liability Management) a prouvé sonbon fonctionnement durant l’exercice écoulé, malgré les conditions difficiles. Les risquesencourus sont restés dans le cadre de notre modèle commercial et de notre capacité de supporter le risque. Compte tenu de la dégradation des marchés financiers au second semestre,nous avons fortement réduit les risques dans le bilan afin de protéger notre base de capitauxpropres de nouvelles répercussions négatives de la crise des marchés financiers. Nous avonsnotamment adapté la structure de nos placements et mis un terme au programme de rachatd’actions en raison de la volatilité persistante des marchés. Ces mesures ont fait leurspreuves. Notre dotation en capitaux propres est solide et la structure de nos placements nouspermet de dégager un revenu des placements supérieur aux prestations garanties à nosclients, et ce malgré les conditions toujours difficiles qui règnent sur le marché et la faiblessedes taux d’intérêt.Outre le pilotage stratégique de l’entreprise et une gestion active destinée à maîtriser la crisedes marchés financiers, l’une des tâches principales du conseil d’administration a été, en2008, de veiller à ce que sa composition et celle du directoire du groupe soit optimale.Ivo Furrer, CEO Suisse, Charles Relecom, CEO France, et Klaus Leyh, CEO Allemagne,ont intégré le directoire du groupe dans le courant de l’année. Manfred Behrens, CEOAllemagne depuis 2004 et membre du directoire du groupe Swiss Life depuis mai 2008, apris la fonction de Co-CEO d’AWD le 1er septembre 2008. Il reste membre du directoire duRolf DörigLa collaboration de Swiss Life avecAWD a bien débuté et se dérouleselon les plans.

4groupe. Après plus de 30 ans d’une carrière réussie, dont les six dernières années chezSwiss Life, Paul Müller s’est retiré de la gestion opérationnelle des affaires. Jacques Richier,CEO France et depuis 2000 au service de Swiss Life, a décidé d’assumer une nouvelle fonction hors du groupe Swiss Life. Le conseil d’administration les remercie tous deux vivementde leur précieuse contribution à la réussite du développement de l’entreprise.Nous vous avons déjà donné des informations sur le changement prévu à la présidence duconseil d’administration. Bruno Gehrig ne se représentera pas à une élection lors de l’assemblée générale de mai 2009. Rolf Dörig, élu administrateur à l’assemblée générale demai 2008, lui succédera comme président. Pierfranco Riva, qui a fait partie du conseil pendant six ans mais a atteint la limite d’âge statutaire, ne se représentera pas lui non plus. Nousle remercions très vivement de sa précieuse contribution au travail du conseil d’administration au cours des dernières années. Nous sommes par ailleurs très heureux d’avoir puconvaincre Frank Schnewlin, ancien CEO du groupe Bâloise après avoir été membre dudirectoire du groupe Zurich Financial Services, ainsi que Carsten Maschmeyer, fondateurd’AWD, de rejoindre notre conseil d’administration. Grand spécialiste de l’assurance internationale, Frank Schnewlin enrichira le conseil d’administration. Carsten Maschmeyer estle bienvenu au sein de cette assemblée qu’il fera bénéficier de sa solide connaissance du marché et de son excellent savoir-faire dans la distribution.Madame, Monsieur, nous allons devoir relever d’importants défis. L’économie mondiale setrouve en récession, les marchés financiers sont très volatils et nous n’attendons pas d’amélioration rapide. Nous sommes convaincus que Swiss Life a mis en place les préalables indispensables pour maîtriser cette période difficile. Tout d’abord, nous exerçons nos activitésdans un secteur porteur de croissance à long terme. Le besoin de solutions de prévoyancefinancées à titre privé continuera de croître compte tenu de l’évolution démographique etde la pression accrue sur les budgets publics. Ensuite, la crise a fait prendre conscience auxclients de l’importance d’un conseil professionnel et de produits offrant sécurité et protection. Cela améliore le positionnement des prestataires spécialisés dans la prévoyance commeSwiss Life vis-à-vis de la concurrence. Enfin, le renforcement de la distribution et des capacités d’innovation, les mesures d’augmentation de l’efficience, une gestion active des capitaux et des risques, la solidité de la base de capitaux propres et un positionnement affichécomme spécialiste de premier plan de la prévoyance financière placent Swiss Life dans lesmeilleures conditions pour continuer à croître, même dans le difficile contexte de marchéactuel, et pour augmenter sa profitabilité.Dans notre secteur, le succès repose sur la longévité et la confiance. Nous remercions tousceux qui s’engagent quotidiennement et avec une grande énergie pour que nous obtenionsce succès, ainsi que tous ceux qui nous accordent leur confiance et nous la garderont àl’avenir.Bruno GehrigRolf DörigPrésident du conseil d’administrationDélégué du conseil d’administration

5Rapport annuel 2008Message des dirigeants du groupeA propos du départ de Bruno GehrigMadame, Monsieur,Après avoir fait partie du conseil d’administration pendant six ans, Bruno Gehrig ne briguera pas de nouveau mandat lors de l’assemblée générale qui se tiendra en mai 2009.Comme ce fut le cas pour toutes les décisions qu’il a prises, Bruno Gehrig a soigneusementplanifié cette nouvelle étape, en a longuement discuté avec les intéressés afin de prendre lameilleure décision qui soit, à son avis, pour l’entreprise. Bruno Gehrig a été une chance pourle groupe Swiss Life à tout point de vue. L’expérience acquise dans le secteur financier, sesqualités manifestes de direction, sa connaissance des marchés financiers, ses relations étroites avec les milieux économiques et politiques, avec les banques centrales et les universités,sans oublier sa personnalité qui attire la sympathie ont fait de lui une figure clé du redressement effectué avec succès en 2003 et 2004. Il a rapidement gagné la confiance des collaborateurs, des clients et des actionnaires. Avec résolution et opiniâtreté, il a instauré une gouvernance d’entreprise qui répond aux exigences actuelles et a veillé à ce que les conditionsoptimales de fonctionnement du conseil d’administration et de ses comités soient mises enplace. L’aptitude de ces organes à bien fonctionner a été précisément démontrée l’année dernière, dans un contexte de marché très exigeant. Outre les succès commerciaux enregistrés,le cent cinquantenaire de Swiss Life fêté en 2007 a constitué un moment fort de son actionchez Swiss Life. Ses liens avec l’entreprise et ses collaborateurs sont apparus là avec la plusgrande clarté. Pourtant, un tel engagement personnel durant cette année d’anniversairen’allait absolument pas de soi. En effet, Bruno Gehrig a souffert en novembre 2005 d’un accident vasculaire cérébral dont il s’est fort heureusement remis rapidement, puisqu’il a pureprendre son travail dès mars 2006. Il a réglé sa succession prématurément et avec un grandsens des responsabilités. A l’origine, son départ était prévu lors de l’assemblée générale de2010. Suite à son élection au conseil d’administration d’UBS, en octobre 2008, BrunoGehrig a modifié ses plans. La raison de l’acceptation de cette fonction est également typique de ce qu’il est: c’est son engagement vis-à-vis d’UBS, qui a été son ancien employeur, etde l’économie suisse dans son ensemble, dont la prospérité dépend en grande partie de laréussite de la place financière, qui l’a poussé à donner son accord. Nous remercions très vivement Bruno Gehrig du travail effectué au service de Swiss Life, lui souhaitons une bonnesanté et lui adressons nos meilleurs vœux pour l’avenir.Gerold BührerRolf DörigVice-président du conseil d’administrationDélégué du conseil d’administration

Entretien avec le président du directoire du groupe6«C’est en temps de crise que la notion de sécurité prend toute savaleur»Bruno Pfister est président du directoire du groupe Swiss Lifedepuis le mois de mai 2008. Au cours de cet entretien, il expliquede quelle manière la crise des marchés financiers s’est répercutéesur la stratégie et les résultats de l’entreprise, mais aussi dansquelle mesure la situation actuelle des marchés représente unechance pour un prestataire de prévoyance comme Swiss Life dontles activités sont bien ciblées.«Nous sommes convaincus que lemarché de la prévoyance va croîtreà long terme.»Monsieur Pfister, il y a trois ans, vous avez parcouru une partie de la Route de la soie.A votre avis, quelle est la tâche la plus ardue: diriger le groupe Swiss Life pendantla crise financière actuelle ou aller d’Europe en Chine par la Route de la soie il y a500 ans?C’est difficile à dire. A la fin du Moyen-âge, les possibilités de communication étaient bienmoins développées qu’aujourd’hui. Personne ne pouvait évaluer les risques que comportaitun voyage d’Europe en Chine. Les personnes qui parcouraient la Route de la soie ne pouvaient pas prévoir ce qui allait leur arriver durant leur voyage.Il s’est maintenant avéré que le voyage à travers l’exercice 2008 n’a pas été simplenon plus.C’est vrai. En 2008, les marchés des capitaux ont connu une situation extrêmement difficile.Swiss Life n’a pas été épargnée. Contrairement à la crise d’il y a six ans, celle que nous traversons actuellement touche presque toutes les catégories de placement. Il était impossiblede prévoir la violence et les répercussions de cette crise.

7Rapport annuel 2008Entretien avec le président du directoire du groupeDifférentes banques et compagnies d’assurances n’ont pas pu résister à la crise parleurs propres moyens. Qu’est-ce qui fait la différence dans ce contexte?Tous les assureurs qui se sont concentrés sur leur activité principale ont pu maîtriser les risques en 2008. A aucun moment nous ne sommes sortis du cadre de notre propre capacitéd’assumer le risque. Au deuxième semestre, lorsque la situation s’est aggravée, la disciplineavec laquelle nous gérons les risques nous a permis de prendre des mesures et de protégernotre capital. Nous avons ainsi réussi à préserver la capacité de survie de notre entreprise.Le risque est aussi lié aux rendements que l’on souhaite atteindre. Les prévisions enmatière de rendement ont-elles été trop élevées ces dernières années?Sur la base de notre modèle commercial et compte tenu des prévisions du marché, notreobjectif était d’obtenir un rendement de 12% sur nos capitaux propres. Ceci n’est en rienexagéré. Actuellement, la crise oblige cependant tout le monde à revoir ses exigences derendement.La réduction massive du résultat financier provoque une grande insatisfaction.Où le groupe Swiss Life a-t-il malgré tout réalisé des progrès en 2008?Les progrès sont évidents dans la gestion des produits. Nous avons lancé en Allemagne lepremier produit flexible avec des garanties librement choisies que nous appelons les Variable Annuities, et aménagé une plateforme en conséquence au Luxembourg. Nous avons progressé sur les différents marchés avec nos nouveaux produits tout en améliorant le processus de développement des produits. Nous ciblons aujourd’hui beaucoup plus les vraisbesoins de la clientèle au lieu de nous fonder sur des considérations techniques comme celaa souvent été le cas par le passé.Qu’en est-il de la distribution?La collaboration avec AWD commence à porter ses fruits. L’adaptation de deux produits auxbesoins des clients cibles d’AWD sur le marché allemand a été un facteur de réussite. Nousrestons encore dans un petit segment, mais les expériences que nous avons faites vont nousaider à développer encore cette collaboration. Nous avons également élaboré un nouveauproduit en Suisse, qui a été intégré avec succès chez AWD. Ces premières étapes montrentdans quelle mesure la collaboration avec AWD peut nous permettre d’améliorer nos produitsafin de mieux les commercialiser à travers AWD, mais aussi via les autres canaux de vente.Suite à la reprise du groupe AWD, Swiss Life a sensiblement augmenté ses capacités devente en peu de temps.L’effet AWD a entraîné des changements importants au sein de notre organisation. Il y a peuencore, un collaborateur sur cinq travaillait pour la distribution. Aujourd’hui, un collaborateur sur deux fait partie de la distribution si l’on compte les conseillers rattachés à AWD quitravaillent en tant que commerciaux indépendants. La plupart de nos collaborateurs ontaujourd’hui un contact direct avec la clientèle.Vous avez subi un revers dans le secteur Private Placement Life Insurance, c’est-à-direles affaires internationales destinées à une clientèle privée et fortunée.La crise financière est-elle la seule responsable de cette évolution?L’effondrement des marchés, notamment en octobre 2008, a fortement déstabilisé les clientsfortunés. Ceci est compréhensible, puisque ce segment a perdu beaucoup d’argent durant«Dans la situation actuelle, lesclients se tournent de plus en plusvers des solutions qui leurapportent de la sécurité et quilimitent les risques.»

8cette période. Les difficultés juridiques sur le marché allemand très important pour nousont également freiné nos affaires. Entre-temps, nous avons adapté nos produits aux nouvelles conditions.Quel est pour vous le potentiel de ce secteur commercial?Les affaires liées à la gestion de fortune au niveau international pour les particuliers fortunés vont connaître d’importants changements au cours des années à venir. Je vois donc icide magnifiques perspectives pour Swiss Life. Je pars du principe que ce secteur va renoueravec la croissance. Nous avons étendu notre champ d’action global grâce à notre succursalede Singapour et notre point de vente de Dubaï. Les premières semaines de 2009 me rendentconfiant.Le volume des primes du groupe Swiss Life a chuté au total de 13% et s’établit à18,5 milliards de francs. A quoi cela est-il dû?Si vous comparez avec l’année précédente, vous devez tenir compte du fait qu’au 1er semestre 2007, les sociétés françaises ERISA que nous avons vendues apportaient un volume deprimes de 1,9 milliard environ. Sans la contribution d’ERISA, le recul des primes n’est plusque de 4%. La croissance réjouissante du volume des primes en France n’a malheureusementpas pu compenser entièrement le recul des autres marchés. En Suisse, nous avons toutefoispu défendre notre position de premier plan. En Allemagne, les affaires financées par primeunique ont connu une forte baisse en 2008 en raison de la situation économique. En revanche, nous avons eu un beau succès avec les produits financés par primes périodiques etconclu plus de 50 000 polices, ce qui est une première dans l’histoire de Swiss Life.«Avec AWD, nous voulonsdiversifier nos sources de revenu etdévelopper notre capacité devente.»De quelle manière le résultat financier inférieur à vos objectifs se répercute-t-il sur lastratégie? Doit-on s’attendre à des corrections?La stratégie de Swiss Life repose sur cette conviction: le marché de la prévoyance va croître àlong terme, et ce davantage que le reste de l’économie. Ceci pour deux raisons majeures: l’évolution démographique et la situation toujours plus tendue des finances publiques de nombreux pays. Ceci implique que la partie de la prévoyance vieillesse financée par l’Etat va perdre de son importance et que la partie privée devra donc fortement augmenter afin depermettre aux assurés de maintenir à peu près leur niveau de vie après la vie active. La situation actuelle sur les marchés ne devrait rien changer à cet état de fait.Qu’est-ce que cela signifie pour la stratégie de Swiss Life?Nous partons du principe que les lacunes de prévoyance augmenteront ces prochainesannées, ce qui implique une recrudescence des besoins en prévoyance. A la lumière de cesfaits, notre stratégie est appropriée, et il n’y a aucune raison d’y changer quoi que ce soit. Lacrise financière diminue cependant notre souplesse financière. En conséquence, nos objectifs de croissance passent au second plan, notre première priorité durant cette phase étantla protection des capitaux propres.L’opinion publique continue à douter de la stratégie de distribution de Swiss Lifesuite à l’acquisition d’AWD. Qu’en pensez-vous?Je peux comprendre ces doutes actuellement; au cours des prochaines années, nous devronsprouver à l’aide de chiffres et de faits que cette acquisition était justifiée. Grâce à la reprised’AWD, nous voulons diversifier nos sources de revenu et, surtout, développer notre capa-

9Rapport annuel 2008Entretien avec le président du directoire du groupecité de vente en Allemagne afin d’exploiter au mieux le potentiel de Swiss Life. En Suisse,AWD nous donne la possibilité de faire un grand pas vers la distribution à canaux multiples.AWD nous permet en outre d’accéder à des marchés sur lesquels nous ne sommes pas encoreprésents, comme ceux d’Europe centrale et d’Europe orientale. C’est aussi grâce à AWD quenous avons une meilleure compréhension du marché, des besoins de la clientèle ou encoredes tendances au niveau des produits. AWD profite aussi de Swiss Life. Nous l’aidons àgagner en efficience et à augmenter son rendement. Les expériences réalisées au cours desderniers mois montrent que les perspectives ouvertes par ce partenariat restent totalementintactes.Vous avez parlé du développement important de la distribution. La meilleure distribution ne peut toutefois vendre que des produits concurrentiels. Qu’en est-il?Nos capacités d’innover ont été fortement étendues en 2008. L’orientation clientèle de la gestion de produits a été renforcée. Comme le montrent les succès obtenus en Allemagne et enSuisse, le savoir-faire d’AWD nous a été d’un grand secours dans ce contexte. Il faut cependant bien comprendre que le potentiel du partenariat de Swiss Life et d’AWD ne peut pasdéboucher sur des réalisations d’un jour à l’autre. Il faut du temps, car notre but est derenforcer le système commercial performant d’AWD dans le secteur du conseil financierindépendant, et non de le mettre en danger. Ceci implique une action ciblée, prudente etréfléchie.Les marchés principaux sur lesquels vous travaillez sont déjà saturés. Etes-vous limitédans votre tâche?Les différentes analyses que nous avons faites montrent que l’Europe est la région du mondedans laquelle la progression de l’assurance vie est la plus forte en chiffres absolus. La croissance est plus faible en pourcentage que dans d’autres régions, mais comme la base est nettement plus large, le marché de l’assurance européen reste malgré tout très intéressant entermes de croissance. Et n’oublions pas la tendance dont nous avons déjà parlé, à savoir queles besoins en prévoyance et les solutions de prévoyance financées à titre privé vont augmenter massivement.Peut-on dire que les périodes difficiles sont bonnes pour les assureurs?Je suis convaincu que les crises financières en particulier sensibilisent les clients aux risques.Dans la situation actuelle, ils se tournent de plus en plus vers des solutions qui leur apportent de la sécurité et qui limitent les risques.Quest

voyance financière. Pages 22–27 Résultats et marche des affaires Le bénéfice net s’inscrit en 2008 à 345 mil-lions de francs. Le résultat a été mis à mal par l’évolution négative des marchés financiers. Pages 28–41 Autres facteurs de réussite Les relations avec les col